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La neige et le rhododendron

Partis très tôt de Kharka ce matin, petit plateau/pâturage encore herbeux situé à 4100m d'altitude, nous nous sommes élevés par sa face sud  jusqu'au col Nango La (4776m) marqué par un mur aérien de drapeaux de prière flottants au vent. Première surprise au franchissement du col, la neige d'un blanc immaculé ! Visible sur les flancs montagneux alentours et bien présente sous nos pieds désormais chaussés de crampons. Au pied des glaciers, les moraines brunes, récentes et sèches nous attirent irrésistiblement lors de la redescente par la face nord. 

 

Puis, étonnamment, en quelques centaines de mètres négatifs, nous atteignons une nouvelle zone, toute en contrastes de couleurs et conditions. Température en hausse et végétation fournie. Des bruyères rouges et sèches, des conifères, des résineux, ainsi qu'une couverture très verte de rhododendrons défleuris qui couvrent les abords de notre chemin.

 

Et ce n'est pas fini...1000m plus bas encore, au silence de la haute montagne et des sommets inviolés s'oppose maintenant le "bruit" de la jungle. 

 

Fascinants et envoûtants à la fois, les bruits d'insectes dans la jungle résonnent de toute part dans la chaleur retrouvée. 

L'air est presque vivant, rempli d'une multitude de sons qui se superposent et se fondent les uns dans les autres. Bourdonnements constants, comme une mer invisible de petits moteurs, provenant des centaines d'insectes qui se déplacent entre les plantes et les fleurs.

Des criquets, aussi, sans doute, qui émettent un chant strident, presque métallique, une série de cris répétés, qui monte en intensité par moments puis se calme avant de reprendre. 

Il y a aussi les cigales, dont le chant est plus vibrant, parfois presque électrisant. Ce sont des stridulations aiguës, d’une intensité telle qu'elles semblent remplir l’air d'une vibration continue. Leurs sons se mélangent parfois au murmure du ruisseau, avec des variations de fréquence, créant des vagues de bruits qui se propagent de manière presque hypnotique.

 

Tous ces sons sont en constante évolution. Les bruits d'insectes se mêlent à ceux des oiseaux et du vent dans les feuilles, créant une symphonie vivante, dense, presque saturée, mais d’une manière envoûtante. Un peu comme une couverture sonore qui nous recouvre lentement, nous plongeant dans un monde où la nature est omniprésente et indomptée.

Et en bas, coule une rivière que nous allons traverser pour conclure cette journée, de la neige à la jungle en quelques heures, c'est aussi ça le Népal et le plaisir de cette grande traversée.